Présentation

Recommander

Publicité

Mardi 16 octobre 2007

     C’était un massacre. Quel que soit l’échelle, Gesnol savait en reconnaître un. Avant que Zehl ne le libère de sa condition d’esclave, le minotaure y avait assisté plus de fois qu’une raison humaine ne pouvait le supporter. Pourtant il avait survécu. Son esprit avait survécu, et aujourd’hui, malgré la profonde blessure qui lui entaillait le flanc, il voyait l’ironie fatale qui le destinait à assister une dernière fois à cette scène avant de rejoindre ces anciens compagnons d’arme.

 

 

Quelques jours plus tôt…

     -Capitaine, un nouveau message.

Une fois de plus Zehl ne put réprimer un sourire à la vue de l’expression de rage contenue qu’affichait son ami minotaure. En effet le goéland messager avait la fâcheuse habitude d’utiliser les cornes de Gesnol comme perchoir, et plus irritant encore sa fourrure comme litière. L’ancien alchimiste récupéra le volatile ainsi que le message qu’il portait.

-Bonnes nouvelles ?

-Hé bien, il semblerait. Notre chère Grenat m’envoie ses constatations sur nos « poursuivants », et l’une d’entre eux paraît affublée d’un tare plutôt gênante.

     A bord du Mille écailles la chasseresse participait pleinement à remonter le moral de l’équipage en faisant varier la couleur de son visage à chaque tangage du bâtiment. Certains avaient même entrepris de prendre des paris sur sa couleur du jour. Heureusement Lamie pouvait compter sur le soutient de Mjollnir, son compagnon de voyage.

-… Et si tu parviens à maintenir ta belle couleur verdâtre pendant encore deux jours, je quadruple ma mise initiale.

Adosser sur la porte de sa cabine, le capitaine Leeroy Tibald s’amusa des querelles perpétuelles de ses deux passagers, et dire qu’il s’agissait de sommité dans leur milieux. Depuis le début du voyage il s’était pris d’affection pour l’apprentie caméléon, au point même de lui céder sa cabine pendant la durée de son malaise, c’est à dire tout le voyage. Tandis qu’il regagnait le pont, il entendit les hurlements excédés de la chasseresse qui témoignaient d’un léger mieux. Oui, il appréciait réellement ses deux passagers, néanmoins il ne parvenait pas à chasser la persistante et sournoise impression qui lui hurlait qu’ils allaient lui attirer des ennuis. Arriver sur le pont, il sut d’où venait cette intuition : des trois encagoulés qui avaient embarqués avec eux, des types sinistres, à qui la beauté de l’océan échappait totalement. Affrontant la fraîcheur de la soirée, Leeroy ferma son long manteau bleu marine et resserra sa casquette d’officier qui cachait sa calvitie désormais plus que naissante. Il eut une pensée à la fois émue et hilare pour ses cheveux disparus, ils les avaient remplacés par une belle barbe grise, ce qui ajoutait à son charme de vieux baroudeur. Il se gargarisa intérieurement de faire encore des ravages parmis la gente féminine, y compris cette jeune fille aveugle aux cheveux couleur grenat qu’il avait recrutée récemment. Même si elle passait le plus clair de son temps à jouer avec un goéland.

 

 

     Gesnol sentait sa vie le quitter. Autour de lui, Zehl et Requiem tentait par tous les moyens d’éviter que l’un de leurs assaillants ne lui porte le coup final. Et du coin de l’œil il voyait cette furie brune avec son arme surdimensionnée qui bondissait d’un ennemis à l’autre. Tant de choses s’étaient passées depuis leur départ du port de pêche.

 

 

     Parmis les pirates, le Mille écailles était une légende, vaisseau le plus rapide de l’archipel de Cerbère, nul bâtiment battant pavillon noir n’avait réussi à le rattraper, et encore moins à piller sa cargaison. Mais Zehl de Rummi aimait les défis, et l’Osselet était loin d’être un navire ordinaire ; de plus la nuit s’annonçait magnifique. Leur précédente escale était déjà à deux jour de navigation derrière eux, ainsi que les parents de cette chère Célina, honnête fille du chef du village, dont les paroles meurtrières proportionnelles à l’esthétisme de son physique avaient finies de convaincre l’alchimiste enjôleur qu’il était temps de retourner à son premier amour : l’océan. Et le navire au écailles de cuivre était une proie de choix. Zehl s’adossa sur le bastingage, un des ses trop rares moment de calme dans la vie d’un criminel recherché à travers les neuf terres. Il leva les yeux au ciel, l’œil du loup brillait de toute sa force, chassant les ténèbres qui pouvaient servir aux pirates pour s’infiltrer sur les navires, mais Zehl ne pensait pas à ça, à travers l’éclat bleuté de la lune, il lui semblait discerner autre chose, un autre regard, celui, sanguinaire, de cette démone aux yeux rouges qu’il appelait sa femme. Elle n’était pas loin, il le savait, sa prochaine proie portait en son sein trois chasseurs aux yeux rouges eux aussi. L’équipage de l’Osselet n’était pas au courant, et celui du Mille écailles ne devait pas l’être non plus. Comme si cela ne suffisait pas ses « amis » mercenaires avaient retrouvé sa trace, et un navire de Mercator semblait décider à lui refaire découvrir ses cachots. Cerise sur le gâteaux, Requiem ne cessait de parler d’un mauvais présage et d’une lune maudite, et malheureusement, Zehl avait tendance à le croire. Il sortit son livre de navigation, avisa des vitesse et des trajectoires des différents protagonistes, aucun doute, la nuit prochaine promettait d’être agitée.

 

 

     Et elle le fut pensa Gesnol, cette nuit devait appeler le sang, car lorsque l’obscurité étendit son manteau sur l’archipel, les volcans eux-même reprirent leur sanglante activité. Elle voulait la pierre, elle la voulait pour une occasion très spéciale. Pour cette nuit, la nuit où l’œil du loup se ferma, la nuit de la lune de Tareg.

 

 

     L’osselet rencontra sa proie peu avant la tombée de la nuit, lorsque le soleil ne semble faire qu’un avec l’océan. Zehl choisit ce moment pour attaquer. Il se plaça à l’ouest du Mille écailles, et lorsque l’astre solaire ne fut plus q’une boule de feu, son sinistre navire émis un puissant éclat de lumière rouge, le faisant disparaître durant quelques secondes, laps de temps suffisant pour que sa proie ne puisse éviter de se faire éperonner. Le plan était parfait, à un détail près, Zehl avait sous-estimé la résistance des écailles. La proue du navire pirate glissa sur l’armure de cuivre et les bâtiments se retrouvèrent violemment projeter flanc contre flanc. Durant un bref instant le regard des deux capitaines se croisa, le premier à réagir aurait l’avantage. Leeroy Tibald avait beau être un capitaine exceptionnel, l’alchimiste renégat était une légende dans l’art de la fourberie. La jeune fille aveugle, désormais ceinte d’une armure de cuir légère assomma le vieux marin et dégaina sa dague, son goéland voletant hystériquement autour d’elle.

     -A l’abordage !

Comme un seul homme, les pirates se ruèrent sur le clipper, il fallait agir vite, ils étaient en large infériorité numérique, mais l’effet de surprise multipliait leur nombre.

     -A la sainte-barde ! hurla Zehl qui prenait pied à son tour sur le pont, Ils ne doivent pas s’organiser !

En quelques minutes, les pirates avaient pris le contrôle du navire, seule une pièce demeurait inexplorée, la cabine du capitaine. « l’erreur est humaine » avait lancé Gesnol après avoir pris connaissance du contenu de la chambre, ce à quoi Lamie avait répliqué « et l’impolitesse se paye au pris fort ». deux semaines de mal de mer, autant de temps sans alcool, et maintenant une bande d’outrecuidants qui se permettaient des familiarités en pénétrant dans la chambre d’une dame sans frapper, la coupe était pleine. Et la mer d’huile, mauvaise nouvelle pour les pirates. Surgissant de l’ombre, ses deux épées courtes en avant, Mjollnir occis d’un geste les deux premiers pirates. De son côté, la chasseresse se rua sur le troisième, qui fut sauvé in extremis par Gesnol qui le tira hors de la cabine.

     -Préviens le capitaine, nous avons une poche de résistance !

Le miraculé acquiesça et rejoignit le pont au triple galop, le minotaure quand à lui dégaina son immense rapière et se mit en position de garde. Lamie et le félis comprirent instantanément, il allait les retenir dans ce couloir en attente des renforts. Décidément elle détestait les navires. Du point de vue du pont, les renforts allait devoir attendre, lorsque la lune rouge sorti des nuages, quatre nouveaux navires apparurent, tous portant le pavillon des mercenaires.

     -Hé bien, quatre navires contre moi, il semblerait que ma côte remonte en haut lieu.

Zehl n’eut pas le temps d’ironiser davantage, il remarqua un vieil homme sur la proue du navire de tête. Un magicien. Un éclair apparus sur l’océan. Il y eut un fort sifflement de cristal. Et en un instant les milles qui séparaient les deux regroupements de navires furent engloutis, et une marée de mercenaires se déversa sur le pont du trois mâts.

 

 

     Gesnol s’efforçait de rester conscient, sa blessure lui déchirait les entrailles, s’il se laissait aller il ne se réveillerait pas. Après sa rencontre avec Andromède, il s’était documenter sur les vampires, et une phrase lui revint à l’esprit, hélas trop tard pour qu’elle serve à quelque chose : « les vampires sont sensibles à la lune de Tareg, ses maudits suceurs de sang furent conçus l’une de ses nuits, et son éclat galvanise leurs pouvoirs. »

 

 

     -Tuez-les tous !

L’ordre de la tête pensante des mercenaire avait l’avantage d’être aussi clair que concis, mais il avait le désavantage d’être trop global. Devant la menace commune, les deux capitaines firent alliance et l’accès à la sainte-barde fut libéré. Zehl, Gesnol, Requiem, Grenat ( ainsi que son goéland ), Lamie et Mjollnir se placèrent comme première ligne de défense, tandis que Leeroy Tibald et une poignée de pirates préparaient la seconde ligne en distribuant les armes. Face à ce mur de guerriers chevronnés, les assaillants hésitèrent durant de trop longues secondes.

     -Ak’laïa !

le golem apparut au milieux des pirates médusés, et six cris guerriers résonnèrent dans l’obscurité sanglante. Requiem en assassin qu’il était se faufila jusqu'à l’arrière de leur ligne d’attaque et abattit les archers. Gesnol utilisait sa technique du mur d’acier, retenant ses adversaire afin que Grenat et Mjollnir puissent les abattre. Mais la plus grosse surprise vint de Lamie et de Zehl, contre toute attente leurs styles se complétèrent à merveille, et combattant dos à dos ils faisaient des ravages. Ils avaient déjà abattus une vingtaine d’ennemis lorsque la deuxième ligne de défense se mit en place. Voyant l’ennemi gagner du terrain, le sorcier mercenaire prononça une longue incantation afin de remédier à cela, mais s’il avait sut il l’aurais prononcer moins fort, et une vouge d’acier garuda vint lui couper la parole, au sens propre comme au figuré.

     -J’ai toujours détesté les vieux magiciens ramollis. lança rageusement Lamie.

Tibald ordonna le repli de la première ligne, seul la chasseresse plongea plus profondément dans les rangs ennemis afin de récupérer son arme. A l’abri derrière la deuxième ligne, Zehl s’accorda un instant de repos et fit le point de la situation avec son homologue.

     -Hé bien, vos hommes sont à la hauteur de leur réputation cher confrère.

     -Comme vous dites, « confrère », mais mon intuition me dit qu’il est trop tôt pour crier victoire.

Semblant répondre aux capitaines, Requiem leur désigna la lune, elle qui était simplement rousse lorsqu’elle émergea des nuage adoptait maintenant une couleur sang. L’heure de la lune de Tareg avait sonnée. Trois hurlements déchirèrent l’obscurité, et autant de silhouettes encapuchonnées émergèrent de l’ombre, leur yeux carmins semblant rougeoyer des flammes de l’enfer, arme à la main ils bondirent comme des fauves sur l’alchimiste renégat. Il parvint à éviter le premier, à parer l’attaque du second, mais l’arme du troisième trouva le chemin du sang. Le sang de Gesnol. Une fois de plus, il avait protéger la vie de son ami, mais cette fois-ci, il se disait que se serait peut être la dernière.

 

 

     Les nouveaux venus dans la bataille étaient des bêtes sanguinaires plus que des hommes, ils attaquaient sans distinction, frappant au hasard sans aucune pitié. Zehl était parvenus à organiser un repli sur l’Ossele,t seule manquait Lamie qui, son arme récupérée,  rebroussait chemin en bondissant. Malgré leurs pertes dues aux vampires, les mercenaires continuaient à combattre, car après tout, moins il y a de survivants, moins la prime est divisée. Mjollnir et Requiem tentaient de retenir l’un des vampires sans succès, celui-ci, apercevant Zehl se précipita sur lui, mais cette fois-ci le pirate fut plus rapide, il fit un estoc, et son sabre de vif-argent se planta au milieu de la poitrine de son assaillant. Dans un cri rageur, il lui plaça une de ses bombes alchimique dans la bouche et le repoussa d’un coup de pied. Cinq secondes plus tard la bombe explosait à la grande joie… du vampire. Sa plaie au torse c’était refermée, et les brûlures sur son visage commençaient à cicatriser. C’en était trop pour les mercenaires, les trois quarts de leurs effectifs avaient trépassés, et maintenant une trinité de démons immortels semblait vouloir se repaître de leur mort. « Un problème de réglé », songea Zehl alors que la retraite des mercenaires sonnait le glas de leur participation à cette bataille. Sur l’Osselet les rangs avaient diminués de moitié, Grenat avait reçue une blessure à la jambe et Requiem et Mjollnir tentaient toujours de vaincre leur adversaire. Zehl, Lamie et Tibald se retrouvèrent face à leur némésis.

     -Tu ne me parais pas être un individu très fréquentable, l’hydrophile.

Il se tourna vers Lamie, certaines pensées inappropriées à la bataille lui venant à l’esprit. Tentant de se raisonner, ramena son regard sur les deux prédateurs nocturnes, qui avaient retrouvés contenance humaine et se tenaient face à eux dans un air de défi.

     -Rends-nous la pierre et nous t’épargnerons !

La voix était si glaciale qu’on ne pouvait pas croire une seconde au dernier terme. Jamais Zehl n’avait vue la mort de si près. Il repensa à la pierre, qui gisait dans les grands fonds, aucun bijou ne valait autant de sang, c’était ce que son ancien maître d’arme lui avait appris. Il lui avait aussi appris autre chose : que la victoire devait se gagner à tout prix. Il se tourna une fois de plus sur Lamie et croisa son regard. Elle avait soif de combat, il sut qu’elle vaincrait ses monstres ou qu’elle mourrait en essayant, bel exemple de bravoure. Ou de stupidité. Il ne croyait plus à la bravoure depuis longtemps, il était vivant car il savait quand il devait fuir, mais pour une fois il n’y avait pas d’échappatoire.

     -Le temps de réflexion est écoulé, tu avoueras sous la torture !

Zehl resserra la poignée de son sabre, il commençait à être agacé qu’on lui parle de le tuer et de le torturer, en plus ces erreurs de la nature avaient frappé à mort son ami et réduit à l’état de gravats son golem. Il était près à recevoir leur charge. Le plus grand poussa un long cri et couru sur l’alchimiste, l’épée au clair. Mais un deuxième cri éclipsa le premier.

     -A terre !

La voix était humaine, le corps des trois compagnons bougea avant leur esprit. L’œil du loup semblait reprendre ses droit, la vie sanglante du buveur de sang s’acheva dans un trait de lumière, dans un puissant coup de croc. Le trio se remit promptement sur ses jambes, à temps pour voir deux nouveau traits lumineux achever les vampires survivants. Sur le bastingage de l’Osselet deux nouveaux individus avaient fait leur apparition : deux blondins.

     -Laissez-moi deviner, railla Zehl, vous désirez des renseignements sur un médaillon.

Falko lança un regard amusé à Alec, comme il l’avait toujours dit « une bonne entrée en scène vaut mieux qu’un long discours. »
Par Blackdodo - Publié dans : terresdecristal
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 14 octobre 2007

     Au cœur des entrailles granitiques de la guilde des Crocs trônait la salle d’obsidienne. Depuis des temps immémoriaux, les membres influents de la guilde s’y réunissaient en cas de chasse à la pierre précieuse annoncée, et aujourd’hui, Alec s’y trouva une nouvelle fois convoqué. Un ordre du maître de guilde n’appelait aucune explication, car une telle convocation ne pouvait signifier qu’une chose : l’une des pierres avait resurgit. Il laissa son œil valide voyager sur les nœuds de bois de la table, plusieurs fois centenaire, obtenant ainsi un tracé visuel du cheminement de sa pensée, qui menait droit à son voisin de gauche, le bras droit du maître de guilde en personne, Falko. Parmis la demie-douzaine d’individus attablés, il était le seul à bénéficier d’une place réellement importante au sein des orfèvres, ce qui intrigua le jeune borgne, les autres étaient des « chasseurs », qui en étaient tous arrivés à la même conclusion qu’Alec. Certain, par les cinq regards rivés sur lui, d’avoir toute l’attention de l’assemblée, Falko repoussa son siège et se leva. Ancien aristocrate d’une quarantaine d’années, ses nombreuses missions avaient laissées sur lui autant de marques, dont la plus visible était l’absence de son bras gauche. Pourtant cela n’avait en rien entamé son port altier et encore emprunt de la noblesse de sa famille. Il portait son éternel accoutrement, botte de voyage, pantalon noir en toile noble, gilet pourpre sur une chemise blanche, et une cape noire qui dissimulait la perte de son bras. Ses habitudes avait la vie dure. Tout comme sa manie de passer sa main dans ses cheveux blonds hirsutes avant de parler, ce qui provoquait à chaque fois un léger sourire dans l’assistance.

     -Messieurs, croyez bien qui si vous avez été convoqués de si bon matin ce n’est certainement pas pour évoquer la pluie et le beau temps. Comme vous vous en doutez tous, nous allons évoquer la réapparition de l’une des pierres…

Alec se laissa aller dans son siège, pas de surprises, la guilde repartait à la chasse de l’une des pierre susceptible d’être transformée en croc. Un détail le fit soudain sursauter intérieurement, Falko passait sa main dans sa barbe mal rasée, et cette manie là il ne l’avait vue quand une seule occasion.

     -…Mais pas n’importe laquelle, l’une des Douze !

Les Douze, les mythiques pierres de la rune brisée, au cœur des légendes de la guilde. L’assemblée ne parvint pas à reprendre son souffle.

Alec plongea dans l’océan de ses souvenirs, ramenant à la surface ces quelques paroles : « Voilà plusieurs centaines d’années, un groupe de douze puissants sorciers tenta de vaincre la mort, pour cela ils tracèrent une rune d’une puissance incroyable. Au paroxysme du rituel la rune se brisa en douze morceaux, chacun devenant une pierre précieuse d’une extrême pureté et d’une puissance plus que redoutable »

     -Vous êtes les meilleurs chasseurs de la guilde, poursuivis Falko, et vous allez trouver là un défis à votre mesure. Nous partons dès ce soir, nous devons retrouver le dernier à l’avoir eue en main, le pirate Zehl de Rummi.
Par Blackdodo - Publié dans : terresdecristal
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 23 septembre 2007

     Depuis l’apparition du premier navire, la conquête des mers à toujours été une priorité pour les gouvernements des Terres. A l’embouchure nord de la mer intérieure se trouve l’archipel de Cerbère, qui subit durant un siècle la suprématie maritime des corsaires de Nirvelli, capitale de l’archipel. Néanmoins leur perfectionnisme leur fut fatal. En effet, ils ne naviguaient que sur des clippers parfaitement adaptés à leur rôle, dont les coup de production ruinèrent à long terme la florissante armada. Désormais les navires de l’archipel n’exercent plus que dans cette région, dans laquelle ils excellent. Le « Mille écailles » est un souvenir du glorieux passée maritime de l’archipel de Cerbère, un magnifique trois mâts de près de 65 mètres de long à la coque partiellement recouverte de morceaux de cuivres enchevêtrés comme la cuirasse d’un dragon. Ce bâtiment était autrefois une légende, et aujourd’hui encore il fait tourner la tête des légendes actuelles…et parfois même l’estomac.

 

 

     Avachie sur le bastingage, Lamie rendait une nouvelle fois son repas à l’océan, c’était la première fois qu’un liquide la rendait malade, du moins sans qu’elle le boive.

-C’est ta troisième offrande à la déesse des mers depuis ce matin, les dieux doivent maintenant être cléments. Ou complètement dégoûtés.

La chasseresse ne trouva pas la force de répondre au félis. L’homme tigre lui tendit une bouteille au contenu verdâtre.

-Cadeau du capitaine, le meilleur remède contre le mal de mer selon lui.

Lamie observa le liquide d’un regard vitreux.

-Ne soit pas si suspicieuse, tu te doutes bien que ton brave ami Mjollnir ne te laisserait pas avaler du poison.

Elle attrapa la bouteille. Il avait raison, Mjollnir était l’un des rares individus à qui elle faisait aveuglément confiance, et son flair était infaillible. La jeune guerrière se dirigea maladroitement vers le mât central et s’y affala. Alors qu’elle vidait le contenu de la bouteille, elle vit son compagnon grimper dans les cordages et sauter d’un mât à l’autre, provoquant la colère des marins et des oiseaux de mer. De tous les félis, les hommes tigres étaient les seuls à aimer l’eau, et Mjollnir ne faisait pas exception à la règle. A mesure que le liquide sucré lui coulait dans la gorge, Lamie se remémorait ce que Fahl lui avait raconté sur ce Zehl de Rummi. « Alchimiste renégat », « criminel insaisissable », et bien d’autres surnoms tout aussi flatteurs. Elle aurait put le trouver sympathique ; s’il n’avait été hydrophile. Défaut impardonnable.

A quelques dizaines de milles de là, l’équipage de l’Osselet achevait de réapprovisionner le navire, et son capitaine en profitait pour conter fleurette aux filles des pêcheurs. Malheureusement pour lui, il ignorait que l’archipel devait autant son nom à l’activité  volcanique de la région qu’au tempérament du même acabit de ses habitantes. Gaïa soit louée, Gesnol arriva à temps pour le sauver de sa douzième gifle consécutive, la vue d’un minotaure coiffé d’un goéland mis en déroute la jeune pêcheuse.

-Hé bien, mon ami, tu te coiffse à la dernière mode de Mercator, railla le pirate afin de détourner (rapidement) la conversation.

-Non, capitaine, mais il me semble que votre messager apprécie mes cornes.

Zehl fit un signe de la main, aussitôt le volatile vint se poser sur son bras et lui tendit sa patte gauche, baguée d’une chevalière surmonté d’un rubis à laquelle un message était attaché.

-Bonnes nouvelles, capitaine ?

Le seul regard de l’ancien alchimiste suffit à répondre à sa question, l’Osselet allait repartir en chasse.

Sur le pont du Milles écailles, Lamie oeuvrait à offrir un voyage de retour au liquide du capitaine, tendit qu’accroché au mât central, Mjollnir s’interrogeait sur ce qu’il avait crut voir. Mais que ferais un goéland avec une chevalière ?

Par Blackdodo - Publié dans : terresdecristal
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 14 septembre 2007

     -Je vais t’expédier en enfer !

Le guerrier en tenue de cuir noir ne se rendait pas encore compte à quel point ses paroles étaient utopiques, car face à lui se tenait une chasseresse passablement énervée. Mais surtout, sobre, ce qui, dans sa taverne préférée, constituait un crime de lèse-majesté.

     -J’ai tellement dansé avec le diable qu’il en a encore la tête qui tourne, lui lança rageusement Lamie, alors ne viens pas me parler de l’enfer !

Agrippant sa vouge à deux mains, elle bondit de derrière le comptoir du Conseil Avisé, désormais recouvert de fléchettes. Elle avait toujours détesté les armes cachés, et plus encore quand celles-ci troublaient sa beuverie hebdomadaire. Son adversaire se tenait toujours à côté de la porte d’entrée, face au comptoir, rechargeant tranquillement son arbalète de poing. Lamie se trouva un instant troublée, quelque chose n’allait pas, cet assassin avait surgit d’un seul coup et avait lancés ses carreaux mortels sur elle. Mais il l’avait ratée, plus encore, il ne s’était pas enfui, et surtout elle n’aimait pas ses yeux rouges comme le sang. Elle fit rapidement un tour sur elle même et projeta son arme sur ce palot en noir. Stupide femelle, pensa-t-il avant d’esquiver facilement le projectile. Pourtant son sourire fut brutalement interrompu lorsque le poing ganté de la chasseresse l’atteignit en pleine face. Aguerri par des années d’entraînement, il parvint à se remettre en garde haute, se protégeant ainsi de la pluie de directs que la jeune brune lui asséna. Elle s’arrêta quelques dixièmes de secondes pour reprendre son souffle, accalmie mise à profit par son adversaire pour lui décocher un vicieux coup de coude. Lamie exagéra son mouvement de recul. Pêchant par arrogance, l’assassin se jeta sur elle en abaissant sa garde. Il n’eut pas le temps de le regretter, la chasseresse se tordit brutalement afin de se retrouver le dos contre le plancher, juste en-dessous de son adversaire, déséquilibré. Elle savait par expérience qu’un combat se devait d’être rapide, et quoi de mieux pour le conclure qu’une bonne boule de feu. Le projectile magique toucha de plein fouet le guerrier en noir, l’envoyant faire un vol plané à travers la salle heureusement vide. Lamie resta un instant interdite devant le corps qui achevait sa combustion, puis elle se remit difficilement debout, ramassa sa vouge, et s’assit à son siège habituel.

     -Sans doute un militant anti-alcoolisme, plaisanta-t-elle en attrapant la bouteille d’alcool de samolen.

     -Pas exactement, mademoiselle Lamie Alsoomse d’Aghild.

La surprise fut si violente que la chasseresse en laissa tomber sa bouteille, c’était son nom, son vrai nom, celui qu’elle avait abandonné voilà plus de sept ans. Elle se retourna en ce qui lui sembla durer une éternité. Une jeune fille se tenait devant la porte d’entrée du bar, une jeune fille aux cheveux blancs et aux yeux rouges, comme ceux du corps carbonisé… qui se remettait sur ces pieds ! L’ex-mort s’avança vers la jeune fille et lui adressa un acquiescement de la tête.

     -Il semblerait que vous soyez à la hauteur de nos espérances reprit-elle d’un ton sucré, j’aurais besoin de vos services pour ramener mon cher époux auprès de moi.

Lamie était toujours absorbée par les yeux de la fillette, elle savait qu’elle les avaient déjà vus, mais sa raison étouffa ce que son instinct voulait lui hurler. Mais les deux s’extasièrent à l’unisson lorsqu’une bourse remplie de pièces d’or atterrit à ses pieds. Le temps d’un battement de cils plus tard, les deux étrangers avaient disparus, et Lamie resta seule avec ses pièces d’or et un bout de parchemin sur lequel était griffonné un nom.

     -Et bien gamine, il semblerait que tu aies eu quelques désagréments pendant que j’étais dans la réserve.

L’équilos laissa échapper un soupir de lassitude en refermant la trappe de la cave.

     -Dis moi, Fahl, ça te dit quelques chose « Zehl de Rummi » ?

Par Blackdodo - Publié dans : terresdecristal
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 10 juin 2007

     -Tribord !

 

L’ordre du capitaine fut aussitôt exécuté, et le boulet chauffé à blanc rata de peu l’Osselet. Une gerbe d’eau de mer vint accompagner sa rencontre avec l’océan. Zehl maudit une fois de plus la poudre de Mercator.

 

     -Capitaine, deux navires légers viennent de nous prendre en chasse.

 

Décidément les mauvaises nouvelles s’accumulaient, les premiers tirs du cuirassé de Mercator avaient sérieusement endommagé la voilure rendant toute fuite impossible, et maintenant ça.

 

     -Quel pavillon, interrogea Zehl.

 

     -Blanc.

 

Des mercenaires. Première bonne nouvelle de la journée, la flotte d’Aurore n’embauchait jamais de « chiens de guerre », une troisième force dans la bataille pouvait jouer en la faveur du vaisseau pirate, et Zehl avait déjà sa petite idée, mais il fallait faire vite.

 

     -Gesnol, prends la longue vue et ne lâche pas le cuirassé du regard !

 

L’alchimiste retourna à la barre, voilà près d’une heure que le navire de Mercator les canonnaient sans relâche, et avec ses voiles trouées il n’avait dus sa survie ainsi que celle de son équipage qu’à une visée plus qu’approximative de l’artilleur ennemis. Plutôt étrange étant donné la précision des premières salves. Cela ne concordait guère avec la procédure mercatorienne. Celle-ci était simple, les sommations, la canonnade, la volée de flèches, l’abordage, et bien entendus la proposition d’une reddition sans conditions, toujours proposée, mais rarement entendue étant donné l’efficacité des trois précédentes options. Mais les deux nouveaux navires changeaient la donne. Zehl en était maintenant certain, tout ce beau monde convoitait le « médaillon familial » de sa femme. C’est pourquoi ses adversaires ne couleraient l’Osselet avant de l’avoir récupéré ; à lui d’en profiter. Soudain, à la proue de la macabre goélette, Gesnol lui fit signe : la première volée était en préparation. L’alchimiste renégat fit faire un demi-tour à son navire et pointa en direction des vaisseaux mercenaires. Il venait de gagner de précieuses minutes, la proximité des navires faisaient qu’il serait eux aussi atteints par la volée de flèches. Mercator devait donc lancer de nouvelles sommations. Mais cela le mettait à portée d’abordage.

 

     -Ca y est, capitaine.

 

Zehl se tourna vers Requiem.

 

     -Alors tiens-toi prêt à mon signal !

 

L’inaot descendit sur le pont et attrapa une torche, tandis que le pirate pointa son regard vers l’œil rouge du navire.

 

     -Et bien, mon vieil ami, il est temps de voir si ce que l’on raconte sur toi est vrai.

 

L’Osselet émit un grondement lugubre en guise de réponse.

 

     Sur les navires mercenaires, l’abordage se préparait, après tout, si l’adversaire était assez stupide pour passer entre leurs deux vaisseaux, il fallait en profiter. Et qu’importe la menace de Mercator, pour un mercenaire, le prix du sang était remboursé en pièces d’or. Et leur commanditaire aux yeux rouges s’était montré plus que généreux.

 

     -Le squelette flottant est à portée. A l’abordage ! rugit le capitaine mercenaire.

 

Sabres au clair, les premiers assaillants des deux navires se ruèrent sur l’Osselet à l’aide de leurs grappins, humant déjà l’odeur du sang. Mais depuis quand le sang avait le parfum de la poix ?

 

     -Maintenant, Requiem !

 

L’inaot jeta sa torche sur l’huile noire qui s’enflamma aussitôt. Zehl en avait fait répandre sur tout le bord de l’Osselet. L’étrange manège avait bien faillit provoquer une mutinerie, mais une seule phrase du capitaine suffit à rassurer ses hommes : « L’Osselet ne brûlera pas. » Pourtant, lorsqu’il vit le mur de feu brûler le corps des assaillants, Zehl se prit à douter. Un doute fugace, rapidement dissipé par les hurlements de joie de ses hommes ; la première volée de flèches venait de se briser sur le stratagème pyrotechnique de l’alchimiste. L’Osselet reprennait l’avantage.

 

     Sur le pont du cuirassé de Mercator, le capitaine n’en croyait pas ses yeux. Zehl de Rummi était certes connu pour ses tactiques suicidaires mais pas au point d’incendier son propre navire. Décidément, le vieux capitaine Kein aurait dû refuser cette mission ; un vieux pacte oublié qui refaisait surface, voilà la seule explication qu’il avait reçu de l’amirauté. Et la consigne était simple : ramener le bijou à tout prix. Tout en soupirant bruyamment, il ajusta sa longue-vue sur son homologue mercenaire à la capillarité très réduite. Celui-ci était aussi paniqué que s’il se trouvait devant les portes de l’enfer, un quart de ses hommes avait été balayé par les flammes et encore un quart par les flèches de Mercator. Et maintenant, il connaissait la suite du programme, l’assaut.

 

     Donnant toute sa voilure, le cuirassé avala en quelques minutes la distance le séparant du trio de navires. Le mur de feu sur l’Osselet se calmait. Le bain de sang allait pouvoir commencer.

 

     Trois « à l’abordage ! » résonnèrent et immédiatement pirates, mercenaires et soldats bondirent sur les navires ennemis, à l’assaut de leurs futures victimes. Zehl de Rummi allait être la cible principale, il le savait. Mais qu’importe, le principal était de laisser le temps à ses matelots de changer la voilure. Et pour cela, il avait une petite idée en tête. Les navires mercenaires, les seuls réellement abordables, se transformèrent en champs de bataille, les lames rutilantes de la garde de Mercator se heurtèrent aux sabres d’abordage rouillés. Au milieu de tout cela, les pirates n’en menaient pas large, même si la présence d’un minotaure et d’un inaot assassin limitait l’ardeur des adversaires. Zehl et Gesnol se battaient dos à dos, comme à leur habitude, leurs styles de combat respectifs se complétant admirablement. Estoc, tranche, contre-taille, l’alchimiste venait de placer sa botte favorite, et un adversaire de plus venait de trouver les portes de l’enfer. Requiem bondissait d’ennemis en ennemis tranchant du fil de sa lame les organes vitaux de ses victimes. Zehl s’accorda un instant de surprise, les inaots n’était pas connus pour leur approche chirurgicale du combat, mais cela avait le mérite d ‘éclaircir les rangs adverses. Le vieux capitaine mercenaire aussi fut surpris, mais désagréablement, s’il avait sut il aurait proposé plus d’or au félin assassin. Tant pis, l’heure n’était pas à l’introspection, son commanditaire aux cheveux blanc n’ayant qu’un sens de l’humour très limité, il lui fallait récupérer le médaillon à tout prix. Agrippant sa hache de duel, il se jeta sur le porteur de son objectif. L’assaut soudain surpris Zehl, lui faisant perdre l’équilibre quelques secondes, secondes heureusement sous la surveillance de Gesnol qui para le coup de hache suivant.

 

     -Je me nomme Llas, capitaine mercenaire, vient te battre comme un homme, Zehl de Rummi !

 

L’interpellé failli éclater de rire, ce cher Llas avait dut lire trop de romans, mais après tout un duel ne se refusait pas, surtout s’il était gagné d’avance.

 

     -Hé bien j’accepte le défi, capitaine Llas. répondit l’alchimiste du style le plus pompeux qu’il put.

 

Un duel de plus dans la vie du pirate, sa spécialité. Pour lui c’était la seule manière de se battre, pas de sacrifice inutile de vies. Le capitaine mercenaire tentait désespérément de noyer Zehl sous des coups répétés, peine perdue, le sabre de vif-argent parait toutes les attaques.

 

     -Hola, mon ami, fais attention, tu vas finir par te fatiguer à ce rythme-là. Ménageons ta vielle carcasse.

 

Le vieux capitaine, piqué au vif, lança un assaut furieux. « Trop facile » pensa Zehl. Esquivant au dernier moment, il frappa du plat de sa lame l’arrière train de son adversaire afin de le déséquilibrer. Son assaillant à terre, le pirate risqua un coup d’œil vers les mâts de son navire ; la nouvelle voilure était prête.

 

Zehl monta sur le dos du capitaine mercenaire et s’adressa à la foule combattante.

 

     -Messieurs, j’ai entendu vos suppliques, du coin de l’œil il vit que la garde de Mercator jusqu’alors retenue par les mercenaires venait de réussir une percée. Vous désirez tous récupérer ce médaillon ( Zehl désigna le médaillon autour de son cou de la pointe son arme), et bien soyez exaucés !

 

A peine sa phrase énoncée, il lança en l’air le médaillon ainsi qu’une poignée de pièces d’argent. Le temps sembla se suspendre un instant, alors qu’un faible sifflement se fit entendre, un sifflement bien connu des alchimistes, le sifflement des cristaux composant toutes choses. En retombant les pièces d’argent n’étaient plus, à leur place tombèrent autant de médaillons, copies conformes du trésor tant convoité.

 

     -Maintenant veuillez m’excusez, une dame m’attend.

 

Zehl se fendit d’une révérence et retourna en riant bruyamment vers l’Osselet au milieu des marins qui se jetaient sur les médaillons. Le capitaine du cuirassé ne put réprimer un sourire, l’alchimiste pirate lui échappait une fois de plus.

 

     La goélette macabre distança rapidement le champ de bataille improvisé, et quelques heures plus tard les pirates avaient déjà pansés leurs blessures et rêvaient à leur prochaines victimes. Adossé à la rambarde de proue de l’Osselet, Zehl contempla le médaillon original qui ne l’avait pas quitté.

 

     -Toutes ces tueries pour ça, songea-t-il.

 

Il adorait se battre, il ne pouvait pas le nier, mais un médaillon valait-t-il autant de vies ?

 

     -Hé bien, Andromède va me tuer.

 

Serrant les poings, il jeta le médaillon à l’eau. Durant un instant la mélancolie le gagna, et il se sentit las de toutes ces tueries.

 

     -Capitaine, navire marchand en vue !

 

Durant un bref instant.

Par Blackdodo - Publié dans : terresdecristal
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus